Grand prix de l'environnement 2003
Dossier de presse
Les
questions du déplacement sont au centre des préoccupations
des habitants d'une commune comme Tremblay‑en‑France.
En matière d'aménagement urbain, notre ville (comme
de nombreuses autres de l'ancienne Seine‑et‑Oise) suit
une logique d'habitat individuel horizontal (dense mais diffus)
où les services sont distants et les espaces fortement fracturés
par des infrastructures difficilement franchissables. Les déplacements
dans une commune comme la notre sont complexes et longs. En transport
en commun ils relèvent souvent de la gageure. Cette situation
conduit naturellement les habitants à sur‑utiliser
la voiture particulière pour l'ensemble de leurs activités.
La
ville de Tremblay souhaite mener un ensemble d'actions volontaristes
en matière de transport et de mobilité afin d'inverser
la tendance à utiliser toujours plus la voiture, particulièrement
pour les déplacements de proximité. Cette volonté
s'est traduite par la mise en oeuvre d'actions en direction des
écoles, afin de limiter l'usage de la voiture pour les trajets
domicile ‑ école, et réduire par la même
occasion l'insécurité routière qui règne
aux heures d'entrée et de sortie des enfants.
Ainsi,
depuis octobre 2002, deux écoles ont été retenues
pour la mise en oeuvre de lignes d'autobus pédestre, fonctionnant
grâce au bénévolat de parents qui assurent un
accompagnement des enfants à pied jusqu'à leur école.
Le
projet: qu'est-ce qu'un autobus pédestre (pédibus)
ou cycliste (vélobus) ?
Les
autobus scolaires pédibus (ou vélobus) sont des systèmes
de transport actifs impliquant les parents et des adultes solidaires
qui, à tour de rôle, accompagnent les enfants à
pied (ou à vélo) pour aller à l'école
ou en revenir.
Pourquoi
mettre en place des pédibus et vélobus ?
La
santé. Un grand nombre d'enfants ne pratique pas quotidiennement
une activité physique suffisante. On estime que tout enfant
devrait, chaque jour, effectuer entre 30 et 60 minutes d'activité
physique modérée à intense. En habituant les
jeunes enfants à marcher, dans le cadre de pédibus,
et ce même pour de petites distances (600 ou 800 mètres
deux fois par jour), cela pourrait suffire à satisfaire le
besoin journalier des plus jeunes.
La
sécurité. Dans nombre de communes de notre région,
une fraction importante d'enfants (maternelle et primaire) est emmenée
à l'école en voiture particulière. Cette pratique
occasionne des congestions chaotiques autour des écoles et
génère des dangers majeurs pour les enfants. Un autobus
pédestre ou un vélobus offre une excellente occasion
de sensibiliser les enfants mais aussi les adultes aux questions
de sécurité routière.
Vie
de quartier et re-dynamisation du lien social. Pédibus
(ou vélobus) sont de bons moyens pour l'enfant de faire,
en toute sécurité, connaissance avec les parents de
ses camarades, avec les commerçants du quartier, avec les
écoliers d'autres classes qu'il n'a pas l'occasion de fréquenter.
Ces modes de déplacement (ludiques et conviviaux) sont une
occasion pour explorer son environnement, se repérer en ville,
identifier son quartier, apprendre à évaluer les distances
et comprendre que beaucoup de déplacements peuvent s'effectuer
à pied ou à vélo. L'implication de parents
dans une démarche collective permet de multiplier les contacts
et de mettre en rapport des habitants d'un même quartier qui
ne se connaissaient pas et n'avaient pas l'occasion de se rencontrer.
L'environnement.
Les déplacements engendrés par la dépose
quotidienne des enfants à l'école sont loin d'être
négligeables en termes d'émission de polluants et
en pollution de proximité. Une bonne partie des enfants scolarisés
(6 millions en France, primaire et maternelle) sont emmenés
en voiture. A l'échelle d'une région comme la notre,
réduire la part de l'automobile aurait un impact très
positif. Au niveau local, en retirant le maximum de voitures qui
stationnent en double file, moteurs allumés, juste devant
l'école, on empêche l'émission de polluants
que les enfants respirent immanquablement.
Praticité.
La mise en place de pédibus (ou vélobus) dans
un quartier permet aux parents d'être déchargés,
plusieurs fois par semaine, de la contrainte d'accompagner leurs
enfants à l'école. Cela peut représenter un
gain de temps non négligeable, notamment le matin. En contrepartie
de ce service, un nombre suffisant de parents volontaires devra
se mettre à disposition des organisateurs pour accompagner,
en général une fois par semaine, les enfants vers
l'école.
Comment
fonctionnent pédibus (ou vélobus) ?
Un
autobus pédestre comme pédibus est un groupe d'enfants,
dont le nombre peut aller jusqu'à 15 écoliers, qui
marchent selon un itinéraire précis et toujours sous
la conduite d'un (ou de plusieurs) adulte (s). A l'image d'une ligne
d'autobus, le bus pédestre va emprunter un trajet déterminé,
qui reliera, en choisissant les axes les plus sûrs et les
plus pratiques les quartiers d'habitations à l'école.
Le long de la " ligne " pourront être disposés,
selon des intervalles étudiés, des arrêts clairement
identifiables et exclusivement réservés au bus pédestre.
L'enfant passe sous la responsabilité de l'adulte accompagnateur
lorsqu'il " prend " l'autobus pédestre à
un arrêt sur la ligne. La responsabilité passe à
l'établissement scolaire au terminus de la ligne (qui doit
être installé à l'intérieur de l'enceinte
de l'école). Pour le vélobus, le principe est le même,
seul le mode de transport impliqué change. Les questions
de sécurité du trajet vers l'école prennent
dans ce cas toute leur importance. Le souci de sécurité
est central dans toute démarche pédibus et vélobus.
Il est la priorité qui conditionne et oriente l'ensemble
du dispositif.
Choix
des sites pilotes.
Deux
sites ont été retenus pour une mise en place opérationnelle
de l'accompagnement scolaire à l'automne 2002. Il s'agit
de l'école Victor Hugo, située dans un quartier pavillonnaire
assez typique de l'urbanisme du secteur, et l'école Malraux,
située dans le vieux village traversé par une voie
à forte circulation.
L'école
Malraux :
Cette
école se situe au Vieux‑Pays, dans un quartier coupé
du reste de la ville par son éloignement et ses caractéristiques
urbaines (son caractère rural). Malgré la proximité
de l'aéroport, ce quartier bénéficie d'un cadre
de vie plutôt agréable. Il est cependant mal desservi
par les transports en commun. Enfin, il est traversé par
une route départementale (route de Roissy) à forte
circulation, surtout en heures de pointe car elle permet aux employés,
qui veulent éviter l'autoroute A104, de rejoindre la zone
aéroportuaire. Les associations d'habitants sur ce secteur
sont très actives, et souhaitent que la ville engage des
actions afin d'améliorer cette situation provoquant beaucoup
de nuisances aux riverains. Il s'agissait pour l'école Malraux:
de conforter une pratique existante du vélo par les écoliers
du quartier pavillonnaire desservi par la piste cyclable, et d'offrir
une alternative à l'utilisation de la voiture particulière
aux parents du quartier subissant la coupure de la route de Roissy.
L'école
Victor Hugo :
Il
fallait que cette expérimentation ait aussi lieu dans une
école située en plein coeur d'un quartier pavillonnaire,
typique de l'urbanisme de ce secteur péri‑urbain. Sur
ce point, l'école Victor Hugo est plus représentative
que l'école Malraux, ce qui facilitera l'appropriation de
cette expérience par les autres écoles situées
sur le territoire communal, puisque le but de cette expérimentation
est de pouvoir ensuite pérenniser le service et l'étendre.
Les raisons du choix de cette école sont donc en partie sa
situation centrale dans le quartier du Bois‑Saint‑Denis,
et l'aire de rabattement des écoliers, qui est la plus grande
de la ville.